Médicaments et alcool : une mise au point

Qui ne se laisse pas tenter, de temps à autre, par un petit verre d’alcool? Pour les gens qui prennent des médicaments, la prudence peut parfois être de mise.

Alcool et médicaments : un « match » imparfait?

Consommer de l’alcool lorsqu’on prend des médicaments peut comporter certains risques. La façon la plus simple d’éviter tout désagrément consiste bien sûr à se priver d’alcool. Or, il n’est pas toujours simple de renoncer à ce plaisir de la vie. De plus, est-ce réellement nécessaire? Voilà une question qui mérite de l’attention.

Prendre de l’alcool et des médicaments simultanément ne veut pas nécessairement dire  « en même temps ». En effet, un médicament pris le matin peut interagir avec l’alcool pris en soirée. Par ailleurs, les effets d’un médicament dans l’organisme peuvent être influencés par l’alcool consommé la veille. Le fait de laisser s’écouler plusieurs heures entre les prises ne garantit pas l’absence d’interactions et d’effets potentiels. 

Les interactions entre l’alcool et les médicaments

La « cohabitation » d’alcool et de médicaments dans l’organisme n’est pas forcément problématique, mais elle est parfois néfaste. L’alcool peut influencer l’effet de divers médicaments et, inversement, certains médicaments peuvent amplifier les effets de l’alcool.

Voici quelques scénarios d’interactions possibles :

  1. Un médicament qui ralentit l’élimination de l’alcool par l’organisme. Prendre un p’tit coup c’est agréable, mais le corps doit ensuite évacuer l’alcool consommé. C’est le foie qui est responsable, en majeure partie, de cette fonction. Lorsqu’un médicament entrave le processus d’élimination de l’alcool, les effets de ce dernier s’en trouvent amplifiés. Ainsi, la somnolence, les étourdissements, l’altération de la concentration et les autres effets typiques de l’alcool se manifestent en force. Même chose pour les effets secondaires désagréables tels que les nausées, maux d’estomac, maux de tête, etc.
  2. L’alcool qui influence l’absorption et l’élimination d’un médicament. Parfois, l’alcool modifie la façon dont un médicament est absorbé ou éliminé par l’organisme. Résultat : une plus ou moins grande quantité de médicament se retrouve dans le sang. Cela peut affecter les effets du médicament, notamment accroître le risque d’effets secondaires.
  3. Des effets qui s’additionnent. Voilà un scénario bien commun. Lorsqu’un médicament provoque des effets secondaires semblables à ceux de l’alcool (somnolence, étourdissements, troubles de l’élocution ou de la coordination, nausées, etc.), la combinaison des deux augmente les risques de ressentir ces effets.

Les médicaments « à risque »

Contrairement à la croyance populaire, ce ne sont pas tous les médicaments qui interagissent avec l’alcool. Souvent, on peut consommer de l’alcool sans problème. Les craintes relatives à l’association alcool-médicaments se basent souvent sur des idées reçues et sans fondements.

Prenons l’exemple des antibiotiques. Bien des gens croient que la prise d’alcool entrave l’efficacité de ceux-ci, ce qui est pourtant faux. Par contre, il est vrai que les effets secondaires de plusieurs antibiotiques (nausées, maux d’estomac, diarrhée, etc.) peuvent s’additionner à ceux de l’alcool, et la prudence est donc de rigueur. Aussi, pour une personne qui prend du métronidazole, un antibiotique, l’usage d’alcool est strictement contre-indiqué à cause d’un risque d’effets secondaires graves.

Plusieurs médicaments agissant sur le cerveau et le système nerveux exigent de la prudence quant à la consommation d’alcool. Cela s’explique par le risque d’addition des effets secondaires. Si un médicament peut causer de la somnolence, des étourdissements ou des troubles visuels, le fait de le combiner à l’alcool augmente le risque d’éprouver ces effets. Voici quelques exemples de tels médicaments :

  • la codéine et la morphine;
  • des somnifères;
  • des antidépresseurs;
  • des anxiolytiques;
  • des antihistaminiques (ex. : diphenhydramine).

La warfarine, un anticoagulant, constitue un autre exemple intéressant. La consommation d’alcool peut augmenter ses effets anticoagulants, ce qui accroît le risque de saignements. La prise simultanée de doses élevées d’acétaminophène et d’alcool, surtout si elle est prolongée, peut causer des dommages au foie. Ces situations nécessitent une grande prudence.

Il est donc important d’éviter les cocktails à risque. Pour cela, il faut être bien informé. Votre pharmacien peut vous renseigner sur les interactions possibles entre vos médicaments et l’alcool. 

Quelques conseils

  • Consommez l’alcool avec modération.
  • Discutez de votre consommation d’alcool avec votre médecin et votre pharmacien. Cette information est pertinente pour eux. Voilà d’ailleurs pourquoi on vous pose parfois  cette question à la pharmacie.
  • Avant de prendre tout médicament (prescrit ou en vente libre) ou produit de santé naturel, questionnez votre pharmacien sur le risque d’interaction avec l’alcool. Il vous expliquera les précautions à prendre si nécessaire.
  • Si vous consommez de l’alcool et prenez des médicaments « à risque », soyez attentif aux effets que vous ressentez. Ajustez votre consommation et vos comportements en conséquence. Par exemple, si après une bière, vous vous sentez somnolent, ne conduisez pas votre voiture.

Pour toute question sur l’alcool et les médicaments, consultez votre pharmacien. 

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Qui ne se laisse pas tenter, de temps à autre, par un petit verre d’alcool? Pour les gens qui prennent des médicaments, la prudence peut parfois être de mise.
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