L’agoraphobie ou la peur des grands espaces et des lieux publics

Pour bien des gens, la saison des festivals qui approche est synonyme de joie de vivre et d’événements en plein air attirant des foules nombreuses et animées. Pour les personnes souffrant d’agoraphobie, cette période n’a rien de réjouissant et a des allures de cauchemar.

Qu’est-ce que l’agoraphobie?

L’agoraphobie est la phobie (peur irraisonnée) des lieux publics, des espaces libres et des foules. La personne qui en souffre, dite agoraphobe, ressent de l’anxiété ou de la panique dans des situations qui ne sont pas dangereuses ni angoissantes en elles-mêmes et s’efforce de les éviter par crainte d’être incapable de s’enfuir ou de trouver de l’aide en cas de problème. Cette affection médicale fait partie de la famille des troubles anxieux.

Les situations responsables de l’agoraphobie sont variées. En voici quelques-unes qui sont fréquentes (et fortement susceptibles de se produire au cours de la saison des festivals) :

  • être seul hors de son domicile (celui-ci étant perçu comme un lieu sécurisant par l’agoraphobe);
  • se trouver dans une foule ou dans une file d'attente;
  • se trouver dans un terrain vague
  • utiliser un ascenseur;
  • traverser un pont;
  • prendre place à bord d’un véhicule de transport en commun.

L’agoraphobe qui ne peut éviter une situation phobogène (situation qui déclenche sa réaction phobique) se résout à la subir au prix d’une grande souffrance. Il peut toutefois l’affronter avec plus ou moins de facilité si une personne de confiance l’accompagne.

Contexte d’apparition de l’agoraphobie

L’agoraphobie se déclare généralement à la fin de l'adolescence ou au début de l'âge adulte. Elle apparaît subitement ou de manière progressive et a tendance à devenir chronique. Ses causes sont inconnues. Souvent, elle se manifeste à la suite d’un événement traumatisant ou d’une crise de panique survenue dans un lieu public. Elle s’accompagne fréquemment d’un autre trouble anxieux. Les femmes sont davantage touchées que les hommes. Au Canada, on recense des milliers de cas d’agoraphobie.

Symptômes de l’agoraphobie

Les principaux symptômes de l’agoraphobie sont l’anxiété et la panique. Les crises de panique donnent lieu à diverses manifestations, dont :

  • une gêne respiratoire;
  • des sueurs;
  • des bouffées de chaleur;
  • des nausées;
  • des maux de tête;
  • des vertiges;
  • des tremblements;
  • des spasmes;
  • des troubles du rythme cardiaque;
  • le désir de fuir;
  • une perte de contact avec la réalité;
  • l’impression de ne plus être soi-même.

La personne en proie à la panique causée par l’agoraphobie peut avoir l’impression d’être sur le point de mourir. En réalité, la crise de panique ne menace aucunement sa vie, à moins qu’elle ne vienne aggraver une affection potentiellement fatale (une maladie cardiaque ou respiratoire par exemple).

Reste que la souffrance ressentie lors des épisodes d’anxiété et de panique est bien réelle et amène les agoraphobes à adopter des comportements d’évitement à l’égard des situations phobogènes. À plus ou moins long terme, cette dynamique peut devenir source de tension familiale, d’isolement social, de réclusion, de chômage et de troubles psychologiques de type dépressif.

Diagnostic et traitement de l’agoraphobie

Le diagnostic de l’agoraphobie doit être posé par un médecin. Il se fonde sur un interrogatoire approfondi du patient, visant à cerner les situations phobogènes et à écarter d’autres causes possibles d’anxiété et de panique, dont la prise de médicaments, la toxicomanie ou une maladie sous-jacente.

Le traitement de l’agoraphobie fait notamment appel à la psychothérapie cognitivo-comportementale. Dans le cadre de celle-ci, on amène le patient à objectiver l’objet de sa peur et à maîtriser sa phobie et ses manifestations au moyen de diverses techniques de désensibilisation (information, mises en situation, exposition). Le taux de réussite de ce type de traitement est élevé. Au besoin, le médecin traitant peut prescrire un anxiolytique (médicament contre l’anxiété) en guise de traitement d’appoint. Le recours à d’autres traitements médicamenteux peut être envisagé.

Par ailleurs, des techniques de relaxation, comme la respiration diaphragmatique, peuvent être enseignées aux agoraphobes pour les aider à moduler leur anxiété et les crises de panique.

L’agoraphobie non traitée présente une évolution variable; dans certains cas, elle peut disparaître d’elle-même.

Se renseigner pour mieux composer avec l’agoraphobie

Les agoraphobes et leur entourage peuvent se tourner vers diverses ressources accessibles en ligne pour en savoir davantage sur l’agoraphobie et son traitement ou encore pour trouver un groupe de soutien ou un professionnel de la santé qui pourra leur venir en aide. En voici quelques-unes :

En outre, plusieurs livres traitant de l’agoraphobie ont été publiés. Une simple recherche à l’aide du mot clé « agoraphobie » dans le catalogue de votre bibliothèque ou sur le site Web de votre librairie préférée vous permettra d’obtenir de nombreux titres.

Votre pharmacien peut vous aider

Si vous souffrez d’agoraphobie, n’hésitez pas à en parler à votre pharmacien. Il prendra le temps de vous écouter et de vous fournir tous les renseignements nécessaires pour vous permettre de mieux prendre en charge ce trouble anxieux. Au besoin, il vous orientera vers d’autres professionnels de la santé susceptibles de vous venir en aide et de vous accompagner sur la voie du mieux-être. Si vous devez prendre un médicament prescrit, il pourra vous informer sur ses effets et ses modalités d’usage.

En étant entouré d’intervenants qui ont votre santé à cœur, vous verrez assurément votre état s’améliorer de façon sensible. Qui sait, peut-être planifierez-vous bientôt, vous aussi, votre emploi du temps afin de profiter au maximum de la belle saison des festivals!

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L’agoraphobie ou la peur des grands espaces et des lieux publics

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